CAROLE ALFARAH

Art Plastique | Portrait des artistes

Syrien n’est fait#3

Depuis le début de sa carrière, Carole Alfarah (née à Damas en 1981) a mis son appareil photo au service de personnes et de collectifs silencieux, leur donnant une voix et une reconnaissance à travers l’image. Quand le conflit en Syrie a éclaté, elle a réaffirmé son intérêt pour la société civile, fuyant consciemment l’iconographie, les archétypes et l’objectivité canonique du reportage de guerre.

L’exposition “Wa habibi” (Ô mon amour), organisée par la Casa Arabe et dirigée par Maria Santoyo, présente une sélection d’images prises entre 2012 et 2015, lors de voyages successifs au pays que l’artiste s’était vue de forcer de quitter. Aucune d’entre elles ne reflète les factions, les armes, la violence ou l’exil ; elles ne prétendent pas non plus éclaircir les raisons du conflit ou se positionner politiquement. Elles montrent simplement, avec une sensibilité hors du commun et un profond respect pour son prochain, jusqu’à quel point la condition humaine se voit altérée par la guerre. Carole Alfarah continue de témoigner de la décomposition d’une terre qu’elle aime et qui subit aujourd’hui de sévères souffrances. Ses images transmettent une réalité inassumable et proche : nous pourrions être elles, cela pourrait nous arriver, cela pourrait être ici.