Collectif  “Le peuple syrien connaît son chemin”

Syrien N’est Fait#3

Fondé par de jeunes Syriens (dont Tammam Alomar) peu de temps après le commencement de la révolution syrienne, le collectif adopte une approche pacifique pour exprimer son opposition au régime syrien et à la dictature, multipliant les actions à l’intérieur du pays jusqu’en 2014, et désormais depuis l’exil. Leurs affiches, utilisant le graffiti, la calligraphie arabe et le photomontage, illustrent leur engagement.

Malgré les différences entre les pays arabes, les révoltes se sont répandues comme une traînée de poudre, d’une capitale à l’autre, confirmant l’unité de la souffrance vécue par les peuples de différents pays arabes. C’est la confirmation du groupe « le peuple syrien connaît son chemin » fondé par de jeunes syriens le 26 mars 2011, peu de temps après le commencement de la révolution syrienne, le 18 Mars 2011 à Deraa, encouragée par la victoire des révolutionnaires tunisiens et égyptiens.

Le début consiste en une page Facebook de dialogue concernant le destin de la Syrie et l’impact des évènements qui s’y déroulent. Le changement viendra sans doute, et le régime en place ne peut plus continuer d’exercer le pouvoir de cette manière. Le dialogue est ouvert à tout le monde, avec l’incitation au rejet de la violence, et l’interdiction des discours racistes, confessionnels, et tout autre type de discrimination entre les citoyens du pays. 

Le collectif a adopté une approche civique à laquelle il s’accroche malgré les difficultés et les moments critiques de la révolution syrienne, dus à la violence excessive du régime syrien face aux manifestations pacifiques, et au basculement de certains opposants politiques au régime vers l’exécution d’intérêts régionaux ou internationaux en Syrie. Ces deux acteurs ont largement contribué au glissement de la révolution syrienne de sa phase civique et pacifique vers une phase violente et militarisée. Ainsi, la société civile syrienne se retrouve coincée entre les feux de deux camps et les conflits d’intérêts internationaux. Toutefois, le collectif a toujours su s’accrocher au principe de l’art face aux balles, et a présenté principalement de l’art graphique engagé, à la fois simple, puissant et direct. Il adopte un discours national et engagé pour solidariser les syriens, et évoquer des problématiques liées à la révolution et à la société comme la question du droit des femmes, la liberté, l’Etat, la société civile, la question Kurde, le Golan, la question palestinienne. Leur méthode utilise les posters, et les articles sur la lutte pacifique des peuples contre les dictateurs autours du monde comme en Salvador et en Guatemala.